Laurent Jeanpierre : "Penser l'après-capitalisme n’est plus une question purement spéculative" |
Pouvoir imaginer la fin du capitalisme n’est pas forcément à l’ordre du jour. Mais après la déconfiture du communisme réel, l’euphorie néolibérale consécutive à la chute du mur de Berlin et les atermoiements de l’altermondialisme, un collectif de chercheuses et de chercheurs venus du monde entier ont réfléchi ensemble sur ce que pourrait vouloir dire le dépassement du capitalisme. Rencontre avec l’un de ceux qui ont dirigé un livre à haut risque, intitulé Mondes post-capitalistes (La Découverte), Laurent Jeanpierre.
Marianne : Quelle somme ! Le livre que vous avez dirigé avec l’historien Jérôme Baschet fait plus de 800 pages. En fallait-il autant pour imaginer ce que pourrait être une société qui ne serait pas régie par le capitalisme ?
Laurent Jeanpierre : Il en faudra bien plus car l’exercice auquel nous nous sommes livrés n’en est qu’à ses balbutiements. Bien qu’il soit exclu d’établir un programme, un plan, une cité idéale, toute une civilisation est à esquisser, dans toutes ses dimensions, sa pluralité interne, avec l’aide de tous les savoirs – physique, chimie, biologie et sciences humaines incluses.