Natacha Polony : "Dans les allées du Salon de l’agriculture, ce fatalisme insupportable des décideurs"
Pour la première fois depuis 1964, les petits citadins n’auront pas pu s’émerveiller cette année devant les jersiaises à la robe claire et aux yeux cerclés de noir, les normandes tachetées de brun presque tigré ou les salers aux longues cornes. L’absence des vaches au Salon de l’agriculture est comme un symbole de la souffrance du monde paysan. Dans les allées des pavillons de la porte de Versailles, ceux qui sont venus, éleveurs de brebis, de chèvres ou de cochons, racontent avec un mélange de colère et de fatalisme l’absurdité d’un système qui les écrase inexorablement pendant que les politiques défilent en répétant « souveraineté alimentaire ».
