Arnaud Benedetti : "Il y a une percée du RN et de LFI, ce qui représente un début de municipalisation pour eux"

Marianne : À 56 %, la participation est en baisse de sept points par rapport à 2014 au premier tour de ces élections municipales. Quelles en sont les raisons principales ?

Arnaud Benedetti : Il y a deux facteurs : d’abord, il faut rappeler que la modification du mode du scrutin, avec la fin du panachage et l’exigence de parité, contraint la formation de listes dans les zones rurales. Dans de nombreuses communes, une seule liste se présente. Cela handicape la participation, car l’absence de concurrence démobilise. Toujours en zone rurale, je note que dans plusieurs communes, l’intercommunalité rend difficile pour une partie de l’électorat de percevoir les enjeux municipaux. En revanche, il faut préciser que cette baisse de la participation ne s’observe pas pour les autres strates : dans les villes où les enjeux locaux et la compétition entre candidats sont forts, le niveau reste acceptable. À Paris, la participation est plutôt bonne, elle est comparable au bon cru de 2001.


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