"Le sport français exige la performance de ses athlètes, mais tolère l’inefficacité de sa propre organisation" |
Le sport français ne manque pas de structures. Il en déborde. Ce qu’il a perdu, en revanche, c’est une lisibilité, une responsabilité et un lien clair avec ceux qui le font vivre au quotidien. La crise qu’il traverse n’est ni passagère, ni simplement budgétaire. Elle est le produit d’un modèle organisationnel devenu hypertrophié, pensé d’en haut, empilé sans cohérence, et progressivement détaché de son socle réel : le club.
Depuis des décennies, le sport français s’est construit sur une logique verticale, centralisée, administrative. À force de vouloir organiser, piloter, encadrer et contrôler, il a multiplié les échelons, les instances et les niveaux de décision, jusqu’à créer un système où plus personne ne décide vraiment. Le modèle top down a engendré des baronnies territoriales, dilué les responsabilités et éloigné la décision de celles et ceux qui sont pourtant au cœur de la pratique : les bénévoles, les éducateurs, les dirigeants associatifs.
Le sport ne naît pas dans les bureaux ministériels. Il prend corps dans les gymnases, sur les stades, dans les associations locales, là où l’engagement est souvent bénévole, parfois épuisé, mais toujours indispensable. Le paradoxe est aujourd’hui flagrant : plus le sport français s’est structuré, moins il s’est clarifié.
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