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"Réduire la démocratie à l’élection est une hérésie"

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13.10.2026

« Élections, piège à cons ». Sartre a donné ses lettres de noblesse à l’expression en janvier 1973 dans un article des Temps modernes. Il reprenait alors un slogan de mai 68 provenant des milieux situationnistes de Nanterre. Aujourd’hui, si vous dites que vous ne votez pas, les anathèmes pleuvent immédiatement. On vous soupçonne au mieux de dilettantisme ou de dandysme, au pire de complicité avec l’innommable – l’innommable étant, selon l’interlocuteur, LFI ou le RN.

Cet interlocuteur ne s’interroge plus sur un système électoral imparfait, dont la légitimité mérite pourtant d’être discutée. Il vote comme il respire, sans se demander pourquoi il y a deux tours, en oubliant que cette élection est le résultat d’un long processus historique et que d’autres modalités électives existent. Notre système électoral a été réformé à la marge. Ses limites sont pourtant flagrantes.

Car l’élection est un choix préalablement filtré. On ne choisit pas parmi l’éventail des politiques possibles, mais parmi des candidats présélectionnés par les partis, l’argent (une campagne coûte a minima 2 millions d’euros), la visibilité médiatique et des règles électorales discutables, telles les 500 signatures d’élus émanant d’au moins 30 départements. Mais qui se sent aujourd’hui représenté par ces partis, créateurs dans la nation d’« un état de guerre civile endémique » ? Peut-on encore imaginer une élection sans eux ? Un candidat indépendant a-t-il une chance réelle, au-delà de la figuration ?

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Dans l’isoloir, l’électeur a le sentiment d’être souverain. Mais ensuite, le pouvoir lui échappe. Rien n’oblige l’élu à tenir ses engagements. Comme l’a énoncé Jacques Chirac, dans une étonnante verbalisation de son inconscient, « les promesses........

© Marianne