Bassem Asseh : "La sécurité est un service public vital"
La politique nationale a-t-elle à apprendre du local ? C'est ce qu'affirme Bassem Asseh, militant socialiste et laïque, qui a passé deux mandats à la mairie de Nantes. Son action s'est déployée sur trois fronts, explique-t-il dans « Douze ans à l’épreuve du réel. Réflexions d’un ancien adjoint au maire », publié par la Fondation Jean-Jaurès : la sécurité, la politique de la ville et la démocratie délibérative. Selon lui, la gauche a beaucoup à apprendre sur ces trois sujets, surtout le premier.
Marianne : Pourquoi rapporter votre expérience locale ?
Bassem Asseh : Parce que douze ans de mandat municipal laissent des choses qu'on ne trouve pas dans les rapports techniques ou dans les discours politiques. J'ai été adjoint au dialogue citoyen à partir de 2014, puis premier adjoint de Johanna Rolland de 2020 à 2026, chargé de la politique de la ville et, à partir de 2023, de la sécurité. Partout en France, beaucoup d'élus locaux commencent en 2026 leur mandat. Si ce récit peut leur éviter quelques erreurs et leur donner quelques idées de politiques publiques, il aura servi.
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Il y a aussi une raison plus intime. Je suis né au Liban et j'y ai vécu la guerre civile, des occupations multiples et l’absence d’État jusqu'à l’âge de seize ans, dans un pays où la loi du plus fort tenait lieu de contrat social. La France m'a donné une vie que j'ai pu choisir librement. Avoir été élu local et décrire ce que j’ai fait de ce mandat, c'est rendre une petite part de ce que la République m'a donné. Et aussi essayer de montrer que le socialisme républicain, quand il se confronte au réel, a encore des choses à dire et à faire.
En quoi la sécurité vous semble-t-elle une priorité ? Vous estimez que la gauche n'a pas toujours été à la hauteur…
Parce qu'elle est un service public vital. Rousseau l’a théorisé : on entre en société pour ne plus subir la loi du plus fort. Ceux qui la subissent aujourd'hui sont les locataires du parc social, les commerçants des quartiers populaires, les femmes qui rentrent seules le soir. Les cadres en télétravail des quartiers résidentiels sont rarement en première ligne sur ce front. La gauche ne manque pas d'idées sur le sujet. En revanche, une partie de la gauche peut manquer de courage, je pense ici à LFI et à une partie des Écologistes. Par peur de........
