We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close
Aa Aa Aa
- A +

Mesures sanitaires : "L'autonomie laissée à certains établissements révèle une logique de classe"

3 14 1
16.11.2020

Jeudi 12 novembre, le ministre de l’Éducation nationale a confirmé que l’Éducation nationale ne l'était plus. Ce ministre de la dénationalisation de l'école a ainsi fait de l'exception la règle, du chacun pour soi le principe régulateur et de la démission de l'autorité publique la porte ouverte aux plus criantes injustices. L'absence de décision commune pour tous les établissements scolaires (y compris hors contrat, les lieux de culte n'y échappant pas eux-mêmes) est sans précédent dans l’Éducation nationale. Une rupture d'égalité majeure qu'il faut dénoncer comme telle, aussi bien pour des raisons sanitaires que pour des raisons de justice sociale. Chacun manœuvre dans son coin au détriment de l'intérêt général et tout cela avec l'aval du ministère. Et ces gens osent encore parler des "valeurs de la République" ?

Les établissements scolaires peuvent ainsi choisir et pour une durée indéterminée leur formule d'enseignement : certains, que ce soit au collège ou au lycée, n'ont strictement rien changé. Les cours continuent dans des classes à 35 élèves, voire plus, ce qui est aujourd'hui la norme, les élèves se retrouvant dans des couloirs étroits et à la cantine sans masques. Ainsi l'université Bordeaux-Montaigne qui appliquait pourtant un protocole sanitaire strict depuis la rentrée (cours à distance, cours alternés) est aujourd'hui fermée (plus aucun cours n'est délivré à l'université) alors que des lycées de centres-villes peuvent continuer, c'est le cas du lycée Montaigne, d'ouvrir des classes préparatoires à 40 dans un établissement où le respect du fameux protocole est tout simplement impossible quand on tient encore au principe de réalité. En somme, on peut ne pas faire de demi-groupes en classes préparatoires avec des effectifs à 40 dans des classes étriquées mais on peut tranquillement fermer des TD à l'université avec 30 étudiants dans des amphithéâtres de 200 places.

D'autres ont anticipé le passage en demi-groupes pendant les vacances scolaires afin d'éviter le pire, une fermeture complète des lycées et des collèges. Les premiers, c'est le cas à Bordeaux, sont des lycées publics fréquentés par des catégories sociales plus favorisées ou des établissements privés. Est-ce un hasard ? Absolument pas. Il s'agit même de la logique........

© Marianne


Get it on Google Play