Michel Onfray : "Il n’y aura plus des civilisations mais une civilisation finale, la civilisation de l’État total"

Marianne : Vous décrivez Proudhon comme un enfant blessé qui n’a jamais oublié les humiliations de ses jeunes années : « Cette humiliation génère chez lui un vif sentiment d’injustice, et donc, en contrepartie, une dilection presque pathologique pour la justice. » J’ai l’impression que vous parlez aussi de vous.

Michel Onfray : Je confirme… J’ai constaté la même chose en écrivant sur Camus (2), fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage lui aussi. Connaître la condition ouvrière dans sa chair d’enfant et non dans les bibliothèques des grandes écoles fabrique une psyché libertaire d’un genre particulier, disons, viscérale.

Et de vous aussi vous pourriez écrire : « Il n’a pas démérité ; il n’a pas trahi ; il a été à la hauteur ; il a tenu promesse » ?


© Marianne