Frédéric Taddeï : "Le problème de la France, c’est qu’elle ne crée pas assez de richesses" |
S’il y a un sujet qu’un éditorialiste qui se respecte ne peut pas éluder éternellement, c’est bien celui-là. Diagnostiquer le mal français est sa spécialité. Les écoles de journalisme sont formelles sur ce point : n’importe quel titulaire de la carte de presse de retour de reportage est capable d’expliquer quel est le problème des agriculteurs, ou d’Emmanuel Macron, ou du Liban, mais le « problème de la France » est beaucoup trop vaste et intemporel pour qu’il ose ne serait-ce que prononcer ces mots. Seul un éditorialiste est habilité à le faire, après avoir pesé les tonnes d’informations à sa disposition et en avoir tiré ce qu’il y a de plus précieux : la « substantifique moelle » dont parlait Rabelais. L’éditorialiste ne partage ce privilège qu’avec les politiques, les économistes, et quelques essayistes triés sur le volet.