"Un pays ne se transforme pas avec des valeurs ou un récit mais avec des décisions"
Il y a des mots que la politique utilise tellement qu’elle finit par ne plus savoir ce qu’ils veulent dire. Valeurs de la République. Valeurs de la gauche. Valeurs de la droite. Valeurs françaises. Valeurs européennes. À l’approche de 2027, chacun reprend les siennes. Et c’est normal.
Une élection présidentielle ne commence jamais par un tableau Excel. Elle commence par une vision du monde. Mais j’ai parfois le sentiment que notre débat politique s’est arrêté un étage trop tôt. On proclame des valeurs. On commence à construire des récits. On parle beaucoup de ce que la France devrait redevenir. Et l’on parle encore trop peu de ce qu’il faudrait concrètement faire pour qu’elle le devienne. C’est précisément pour cela qu’il faut distinguer quatre choses : les valeurs, le récit, le programme et les actes.
Les valeurs et le récit
Elles disent ce à quoi l’on croit. Liberté. Égalité. Fraternité. Autorité. Justice. Solidarité. Nation. Écologie. Le problème, c’est que presque tout le monde peut les revendiquer. La liberté peut signifier moins d’État ou davantage de droits réels. La justice peut signifier réduire les inégalités ou renforcer les sanctions. La nation peut être un projet d’émancipation collective ou un récit de fermeture. Une valeur ne tranche donc rien à elle seule. Elle ouvre un conflit d’interprétation. Et c’est précisément là que commence le récit.
À lire aussi : Les leçons de "Baron noir" : "Celui qui aura réussi à raconter la meilleure suite gagnera la présidentielle"
Le récit politique donne une cohérence aux valeurs. Il........
