Jean Birnbaum : "En faisant de l’antifascisme un sectarisme épurateur, LFI s’inscrit dans une longue tradition" |
Marianne. Votre dernier ouvrage La Force d’être juste (Flammarion) revient sur les erreurs commises au XXe siècle par des intellectuels et militants de gauche, au nom d’une cause jugée juste et pure, l’antifascisme. Comment le mythe antifasciste s’est-il forgé pendant la guerre d’Espagne ?
Jean Birnbaum. « Tant qu’il y aura des fascistes, nous serons tous espagnols », disait l’écrivain allemand Gustav Regler, qui avait appartenu aux Brigades internationales. La guerre civile espagnole cristallise en effet l’imaginaire antifasciste, pour le meilleur et pour le pire. C’est le moment où des milliers d’hommes et de femmes convergent vers l’Espagne pour défendre la République contre les troupes de Franco. C’est donc le moment d’un immense espoir : pour beaucoup de ces volontaires, le destin de l’Espagne concerne celui de l’humanité tout entière, puisque s’y joue la lutte finale avec la barbarie.