Pour la potasse, Trump soulève une vraie question
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«Trump bluffe sur le Bélarus, mais la potasse canadienne connaît un réel problème de concurrence.»
EXPERT INVITÉ. Difficile de donner raison au président Trump! Ses déclarations sur le commerce mélangent souvent les faits, menacent et promettent n’importe quoi de façon spectaculaire. Son annonce d’une «méga-entente» pour acheter de la potasse au Bélarus à un prix inférieur à celui payé au Canada mérite donc d’être accueillie avec prudence. Aucun accord de cette ampleur n’a été démontré. Cela dit, rejeter sa déclaration en bloc nous ferait passer à côté d’une question importante: les agriculteurs américains pourraient-ils obtenir de la potasse à meilleur prix si davantage de fournisseurs se disputaient leur clientèle?
La potasse constitue un ingrédient essentiel des engrais. Elle fournit du potassium, un nutriment dont les cultures ont besoin pour croître. Son prix compte pour les agriculteurs, même s’il ne détermine pas à lui seul le coût total des engrais ou celui des aliments. Lorsqu’un producteur agricole paie plus cher ses intrants, il doit absorber cette dépense, modifier ses pratiques ou tenter de la récupérer plus loin dans la chaîne. Il devient donc parfaitement légitime que les acheteurs américains cherchent à comprendre comment s’établit le prix de la potasse.
Ce prix résulte d’un marché mondial. Il varie selon la demande, la production disponible, les contrats, les stocks et les frais de transport. La quantité que les grands producteurs choisissent d’extraire peut influencer l’offre, mais on ne peut affirmer qu’une seule entreprise fixe le prix pour tout le monde.........
