Taux d’intérêt: la géopolitique brouille les cartes
EXPERT INVITÉ. L’escalade du conflit armé impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran agit comme un puissant facteur de brouillage pour les marchés financiers. Au-delà des considérations militaires, c’est surtout l’effet potentiel sur l’énergie qui retient l’attention.
Le détroit d’Ormuz demeure un point de passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole, et toute entrave prolongée à cette voie maritime modifierait rapidement l’équilibre inflation-croissance à l’échelle mondiale.
Selon la durée et l’ampleur des perturbations, voire dans un scénario extrême de fermeture complète du détroit, le prix du pétrole pourrait osciller cette année dans une fourchette allant de 85 à 130 dollars américains ($US) le baril.
Un tel choc aurait un double effet négatif: il freinerait la croissance mondiale tout en ravivant les pressions inflationnistes. Pour les investisseurs, l’exercice devient particulièrement délicat. Il faut désormais estimer non seulement l’intensité du choc, mais aussi sa persistance, et surtout la réaction des banques centrales.
La guerre au Moyen-Orient affectera-t-elle les taux de la Banque du Canada?
Une équation encore plus complexe pour les institutions
Cette situation géopolitique complique considérablement la tâche des autorités monétaires. La Banque du Canada, dans un contexte de croissance plus fragile et d’un marché du travail en normalisation, ne nous semble pas appelée à relever son taux directeur en 2026 en réaction à un choc........
