Une idée n’a de valeur que si elle survit à la suivante
EXPERT INVITÉ. Lorsque je prépare mes plans de cours à l’université, j’y ajoute des concepts que j’ai envie de transmettre à mes étudiants qui vont au-delà du cursus. Cette année, j’ai fait un constat surprenant : les idées qui occupent encore une place importante dans mes notes sont rarement récentes. La plupart m’accompagnent depuis dix, quinze, parfois vingt ans.
Ce constat m’a étonné, car j’estime n’avoir jamais autant appris qu’au cours des dernières années. Je n’ai jamais autant lu ni écouté de balados ni eu accès à autant d’idées venues de partout dans le monde. Alors, pourquoi si peu d’entre elles ont-elles rejoint cette liste?
Les dirigeants vivent la même chose. Chaque semaine apporte un nouveau modèle de gestion, une nouvelle étude, une nouvelle tendance à ne pas manquer. Je connais peu de dirigeants à qui il manque de bonnes idées. Ce qui leur manque, c’est le temps de les laisser agir.
Les nouvelles idées ont de moins en moins le temps de sédimenter. Elles arrivent avant que les précédentes aient eu le temps de se fixer.
En 1885, Hermann Ebbinghaus a mesuré sa propre mémoire en mémorisant des listes de........
