Filière défense: sans trajectoire, pas de souveraineté |
Un texte de Simon Bernard, major-général (ret.) et président Xpertise Défense
LES IDÉES DES AFFAIRES. Le système canadien d’approvisionnement de défense est devenu un facteur de vulnérabilité nationale, incapable de répondre au rythme et aux exigences de la compétition stratégique contemporaine.
Hérité d’une époque de paix relative, ce modèle, fragmenté entre quatre ministères (ministère la Défense nationale (MDN), Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) et le Conseil du Trésor) est obsolète. Ces ministères définissent les besoins, gèrent les coûts et assurent les retombées industrielles.
Ce système dilue la responsabilité, paralyse la décision et transforme la défense en instrument de politique budgétaire plutôt qu’en levier de puissance nationale.
L’absence d’autorité unifiée empêche tout arbitrage rapide et favorise la dispersion des responsabilités et ainsi de l’imputabilité. La mise sur pied de l’Agence de l’investissement pour la défense (AID) vise à corriger cette situation.
La création de l’AID, bien qu’ambitieuse, ne réglera rien si elle ne s’accompagne pas d’un transfert réel d’autorité financière et décisionnelle au détriment du Conseil du Trésor. Elle doit aussi casser un système administratif fondé sur la dispersion du pouvoir et l’aversion au risque. Cette aversion au risque ralentit l’innovation et favorise la rigidité contractuelle; des spécifications rigides et ancrées dans le temps mènent à des équipements déjà obsolètes lors de leur livraison.
Finalement, la logique des Retombées industrielles et technologiques (RIT) transforme les contrats en outils de redistribution régionale plutôt qu’en investissements de........