Montréal retient son souffle et y croit encore |
EXPERT INVITÉ. Brendan Kelly couvre Montréal de l’intérieur depuis plus de 30 ans: sa culture, sa politique linguistique et, surtout, son équipe de hockey. Chroniqueur à la Gazette de Montréal et auteur de Habs Nation, il a suivi les Canadiens dans leurs périodes de gloire comme dans leurs périodes de disette.
«Je crois qu’il y a plus d’enthousiasme aujourd’hui qu’il n’y en a jamais eu de mon vivant», déclare Kelly. «Je veux dire, je pense que c’est même plus excitant que les années 1970.»
C’est une affirmation audacieuse — les Canadiens des années 1970 ont remporté quatre coupes Stanley consécutives — mais Kelly ne parle pas du palmarès de l’équipe. Il parle des partisans.
«Quand on va à ces soirées de visionnage au Centre Bell, les 21 000 personnes qui ont payé dix ou douze dollars pour y assister ont toutes une vingtaine d’années», dit-il. «Ces gens-là n’ont jamais vu une bonne équipe de hockey.»
Ce fossé générationnel est peut-être l’élément le plus important de la renaissance des Canadiens. Leur dernier championnat remonte à 1993, une époque que la plupart des partisans actuels ne peuvent même pas se rappeler. Pendant près de trois décennies, la franchise a erré, et une grande partie des jeunes partisans ont hérité de la légende des Canadiens sans jamais avoir connu de succès durable.
Kelly situe précisément le point d’inflexion: «Le tournant a eu lieu en 1995, lorsqu’ils ont congédié Serge Savard comme directeur général et que, peu après, le nouveau directeur a échangé Patrick Roy, ce qui constitue la pire transaction de l’histoire des Canadiens… et depuis, ça fait 25 ans que........