Diversifier ou subir: le Québec inc. à la croisée des chemins

EXPERT INVITÉ. Pendant trop longtemps, la prospérité des entreprises québécoises a reposé sur une équation simple: un marché intérieur relativement stable et un accès privilégié aux États-Unis.

Cette réalité a façonné nos stratégies de croissance, nos chaînes d’approvisionnement et même notre culture d’affaires.

Or, cette équation est aujourd’hui remise en question. Instabilité géopolitique, tensions commerciales, montée du protectionnisme, transition énergétique et reconfiguration des chaînes de valeur mondiales : tous les signaux convergent.

La diversification des marchés n’est plus une option. Elle est devenue une condition de résilience et de croissance durable.

Je le constate quotidiennement dans mes échanges avec des dirigeants, des investisseurs et des décideurs publics. Plusieurs entreprises québécoises affichent une performance remarquable, mais demeurent dangereusement dépendantes d’un nombre restreint de marchés.

Dans certains cas, plus de 70% du chiffre d’affaires est concentré dans un seul pays. Cette concentration était tolérable dans un monde prévisible.

Elle devient un risque stratégique majeur dans un monde fragmenté.

Diversifier, ce n’est pas seulement exporter davantage. C’est repenser en profondeur notre posture économique.

Trop souvent, la diversification est abordée comme un projet périphérique : une mission commerciale ici, un distributeur là, quelques ventes exploratoires pour « voir ce que ça donne ».

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