Abandon du télétravail: faites-moi pleurer!

EXPERT INVITÉ. Mon état d’esprit, suivant mes lectures de derniers jours sur les positions syndicales face à l’exigence de revenir travailler au bureau, donc face à l’abandon du télétravail, se résume au titre de la chanson Cry me a River de Justin Timberlake.

Christian Daigle, président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, m’a bien fait rire ces derniers jours en affirmant que les fonctionnaires ne veulent pas se pointer au bureau trois jours par semaine et qu’ils n’excluent pas de se tourner vers les tribunaux pour empêcher Québec de les forcer à travailler davantage en présentiel. M. Daigle soupçonne François Legault de vouloir inciter des employés à démissionner pour réduire la taille de l’État.

Sur le fond, je ne dis pas qu’il a tort lorsqu’il affirme que François Legault utilise probablement cette stratégie pour réduire la taille de l’État. Mais d’un autre côté, les syndicats nous jouent la même cassette depuis 2-3 ans lorsqu’ils brandissent le bâton de la menace pour ne pas rentrer au bureau.

Cette fois-ci, pour justifier sa position et son raisonnement, M. Daigle, comme beaucoup d’autres leaders syndicaux, dit que « les gens nous ont démontré qu’ils sont professionnels, qu’ils sont efficaces en télétravail autant qu’au bureau, qu’ils sont capables de faire le travail de la maison. Pourquoi est-ce qu’on irait engorger le trafic existant déjà dans les grandes villes? »

On parle de revenir travailler au bureau, au sein des équipes de travail, et non de congestion et du prix de l’essence.

De plus, les employés et les syndicats prennent les statistiques qui les enchantent pour parler de performance, d’efficacité et de production, puisque, si la démonstration était aussi concluante, je m’explique mal pourquoi les dirigeants voudraient se pénaliser et réduire leur........

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