Un peu de sel fondu au thorium? |
EXPERT INVITÉ. Les marchés abordent 2026 avec une idée désormais bien ancrée : l’intelligence artificielle n’est plus un simple thème d’investissement, mais une véritable contrainte industrielle. Et une contrainte industrielle, ça se finance, ça se sécurise et, très vite, ça devient un enjeu géopolitique. La question n’est donc plus seulement de savoir quelle action va monter, mais qui contrôlera demain l’électricité et les métaux critiques. C’est précisément dans ce contexte que le thorium et les réacteurs à sels fondus refont surface dans le débat. Synthèse et analyse.
Depuis la fin de 2025, le nucléaire fait un retour marqué dans les priorités politiques et dans les décisions d’investissement. Cette dynamique est portée par l’explosion des besoins en électricité des centres de données et par la volonté de relancer l’industrie.
Aux États-Unis, l’objectif est clair : multiplier par quatre la capacité nucléaire d’ici 2050 afin de renforcer la sécurité énergétique et la compétitivité du pays.
Dans le même temps, les grands groupes technologiques cherchent à sécuriser une production d’électricité stable et continue, car le solaire et l’éolien ne permettent pas, à eux seuls, d’alimenter des infrastructures en permanence.
Ce qui change aujourd’hui, c’est la manière dont les projets sont évalués : il ne suffit plus d’avoir une technologie prometteuse, il faut un calendrier crédible, une chaîne d’approvisionnement solide et un cadre réglementaire clair.
Le nucléaire de nouvelle génération bénéficie pleinement de ce changement, même si son déploiement reste progressif. Les investisseurs privilégient désormais la visibilité et la capacité à livrer, plutôt que les promesses lointaines.
C’est l’un des grands tournants de 2026 : moins de discours, plus de réalisations. Et dans ce contexte, les technologies de rupture redeviennent des options stratégiques, comme le thorium et les réacteurs à sels fondus.
Un réacteur à sels fondus utilise un sel très chaud pour transporter la chaleur, un peu comme un liquide de refroidissement, et parfois même pour contenir le combustible directement dans ce sel.
Cela change beaucoup de choses : le système fonctionne à basse pression, peut atteindre des températures plus élevées, et repose surtout sur des mécanismes de sécurité naturels, sans multiplier les dispositifs complexes.
Le thorium, de son côté, ne produit pas d’énergie tout seul au départ : il doit d’abord se transformer en uranium-233, un combustible utilisable, grâce à des réactions nucléaires progressives. L’idée est donc d’avoir un système plus efficace à long terme, avec un combustible plus diversifié et plus abondant que l’uranium classique.
Mais entre l’idée et la réalité industrielle, les obstacles sont nombreux : le sel est chimiquement agressif, il pose des problèmes de corrosion, de matériaux et de certification réglementaire. Historiquement, beaucoup de projets se sont arrêtés à ce stade, non pas parce que le concept ne marche pas, mais parce qu’il est très difficile à construire et à prouver en conditions réelles.
Le thorium en réacteur à sels fondus est donc un pari technologique et industriel, pas une solution magique. Et si l’intérêt........