Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le prix de l’essence

EXPERT INVITÉ. La flambée des prix du pétrole remet la question de l’énergie au cœur des préoccupations économiques et financières. Chaque tension au Moyen-Orient ravive en effet les craintes d’une perturbation des flux pétroliers mondiaux et d’un nouveau choc énergétique. Dans ce contexte, une question devient centrale pour les consommateurs comme pour les économistes: comment et à quelle vitesse la hausse du pétrole se transmet-elle aux prix de l’essence? Synthèse et analyse sous forme de questions/réponses.

Les marchés énergétiques sont redevenus extrêmement sensibles à la situation géopolitique au Moyen-Orient.

Les tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis ont ravivé les inquiétudes concernant la sécurité des flux pétroliers mondiaux, notamment autour du détroit d’Ormuz, l’un des points de passage les plus stratégiques du commerce énergétique mondial.

Ce corridor maritime voit transiter environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20% du commerce mondial de pétrole. Dans ce contexte, les marchés pétroliers réagissent immédiatement à la moindre perturbation ou même à la simple perspective d’une perturbation.

Le baril de Brent et le WTI ont ainsi rapidement progressé en dépassant en séance la barre symbolique des 100$US en début de semaine dernière.

Historiquement, ce type de choc énergétique finit presque toujours par se transmettre à l’ensemble de l’économie, notamment via les prix des carburants.

L’essence et le diesel constituent en effet le canal de transmission le plus visible pour les consommateurs. Les automobilistes ressentent donc généralement l’effet d’une hausse du pétrole avec un décalage de quelques jours à quelques semaines.

La question centrale devient alors simple: dans quelle mesure la hausse actuelle du pétrole va-t-elle se répercuter sur les prix à la pompe?

Pourquoi les marchés pétroliers sont si sensibles au Moyen-Orient?

Le Moyen-Orient reste aujourd’hui l’une des régions les plus stratégiques pour l’approvisionnement énergétique mondial.

L’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Iran comptent parmi les plus grands producteurs de pétrole au monde.

Ensemble, ces pays représentent environ 30% de la production mondiale de pétrole et près de 40% des exportations mondiales. Mais au-delà de la production elle-même, la région joue un rôle central dans la logistique énergétique mondiale.

Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux goulets d’étranglement du commerce maritime mondial.

Une perturbation de ce passage pourrait réduire significativement l’offre mondiale de pétrole en quelques jours seulement. Les marchés pétroliers réagissent donc souvent de manière anticipée aux tensions géopolitiques dans la région.

Même si les flux physiques ne sont pas immédiatement interrompus, le simple risque d’une perturbation suffit généralement à faire monter les prix.

C’est précisément ce que l’on observe actuellement avec la guerre au Moyen-Orient. Le pétrole devient alors non seulement une matière première, mais aussi un actif géopolitique.

Comment les prix de l’essence sont-ils affectés par le prix du pétrole?

Un certain nombre d’économistes ont étudié la manière dont les variations du prix du pétrole influent sur les variations du prix de l’essence.

Le sentiment dominant est que la répercussion n’est pas symétrique: la vitesse à laquelle les prix de l’essence fluctuent dépend du niveau des prix de l’essence par rapport à ceux du pétrole.

Elle varie plus ou moins rapidement selon que le prix de l’essence est élevé ou bas par rapport au prix du pétrole.

La Fed de Saint-Louis a notamment étudié la question en détail sur les prix à la pompe aux États-Unis, mais les mêmes remarques peuvent être faites pour l’Europe.

Tant les observateurs occasionnels que ceux de l’industrie affirment que les prix de........

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