2026 sera l’année de la 3R ! |
EXPERT INVITÉ. Après l’année de la 3D dont je vous ai souvent parlé — Diversification, Diversification, Diversification —, les marchés entrent dans une nouvelle phase plus exigeante et moins permissive. Ce qui a fonctionné dans un monde d’abondance de liquidités et de narratifs dominants ne s’impose plus avec la même évidence. Le cycle économique a mûri, les politiques monétaires ont changé de régime, et les investisseurs ne peuvent plus se contenter de suivre le flux. 2026 ne s’annonce pas comme une année de rupture, mais comme une année de tri, d’arbitrage et de discipline. C’est dans ce contexte que s’impose une nouvelle grille de lecture : la 3R (dont vous entendrez souvent parler ces 12 prochains mois !). Synthèse et analyse.
L’année 2026 s’ouvre dans un environnement de marché profondément différent de celui qui a porté les actifs financiers durant la décennie post-crise et l’après-Covid.
Les grandes banques centrales ne sont pas entrées dans un cycle de détente généralisée, mais dans une phase de pause active et asymétrique. Certaines maintiennent des taux élevés plus longtemps que prévu, tandis que d’autres n’excluent pas de nouveaux ajustements haussiers si l’inflation ou la croissance surprennent.
Le message est clair : la politique monétaire reste restrictive, mais surtout imprévisible, et beaucoup plus dépendante des données que par le passé.
La liquidité mondiale ne progresse plus mécaniquement, et les marchés ne peuvent plus compter sur un soutien monétaire inconditionnel. La croissance mondiale ralentit, mais sans rupture franche, dessinant un scénario de normalisation plutôt que de retournement brutal.
Les bénéfices des entreprises continuent de progresser, mais de manière plus hétérogène et beaucoup plus exigeante. Les valorisations, notamment aux États-Unis, restent élevées au regard de l’histoire.
Le moteur principal des marchés n’est donc plus l’expansion des multiples, mais la capacité d’exécution. Les investisseurs changent progressivement de grille de lecture. 2026 ne sera pas une année d’euphorie, mais une année de discernement.
Et surtout, une année de transition stratégique.
Depuis plus de dix ans, les marchés financiers ont évolué dans un régime dominé par l’abondance monétaire, la compression artificielle du risque et la tolérance quasi illimitée aux valorisations élevées.
Ce régime touche aujourd’hui à sa fin, sans pour autant déboucher sur un choc systémique.
Le coût du capital est structurellement plus élevé qu’entre 2012 et 2021, ce qui modifie profondément les arbitrages d’investissement.
Les investisseurs ne peuvent plus payer n’importe quel........