SAAQclic: choix biaisé, exécution ratée et gouvernance relâchée

CHRONIQUE. Deux grands constats ont émergé du rapport de la Commission Gallant sur le fiasco SAAQclic: les importants dépassements de coûts du projet CASA et les informations mensongères transmises au gouvernement.

Ensuite, deux grandes conséquences: des dirigeants de la SAAQ ont été sévèrement blâmés, alors que des ministres et leur entourage ont manqué de vigilance.

Il y a trois causes principales à cet échec:

un choix biaisé de la solution

une exécution mal contrôlée

une gouvernance relâchée

Reconnaissons d’abord que la SAAQ serait «unique au monde» par ses activités disparates: assurance de risques corporels et indemnisation des victimes d’accidents de la route, émission de permis de conduire, enregistrement des véhicules et contrôle du transport routier des personnes et des biens. Ces activités ont un point commun, la route, mais elles n’ont pas à être interconnectées.

La SAAQ a fait l’erreur stratégique d’implanter un progiciel de gestion intégré (PGI) qui ne convenait pas à sa complexité. Elle avait déjà entrepris de réaliser à l’interne une mise à niveau de ses systèmes sur une période de 11 ans (2011-2022). Le plan de travail avait été séparé en huit blocs. C’était une approche progressive, prudente et sensée. La Commission Gallant recommande justement de séparer les gros projets informatiques en blocs. C’est le gros bon sens.

Les premières étapes s’étant avérées difficiles, la SAAQ a alors opté pour l’implantation d’un progiciel de gestion intégré (PGI), comme recommandé par Karl Malenfant, son vice-président responsable des technologies de l’information. Arrivé en septembre 2013, fort d’une aura de compétence (il avait travaillé l’implantation d’une solution de SAP à Hydro-Québec) et habile communicateur, Karl Malenfant n’a eu aucune difficulté à vendre l’idée de cette solution aussi bien à la direction générale qu’au conseil d’administration.

Désireux........

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