Flexipreneuriat: entreprendre ne veut pas dire tout quitter |
EXPERTE INVITÉE. On continue souvent d’associer l’entrepreneuriat à faire le grand saut. Quitter son emploi. Avancer sans filet. Pourtant, sur le terrain, une autre réalité prend de plus en plus de place: celle du flexipreneuriat.
Selon le Global Entrepreneurship Monitor (GEM 2024), plus d’un entrepreneur sur deux au Québec en phase de démarrage développe son entreprise tout en conservant un emploi salarié (58%). Non pas par manque d’audace, mais par choix stratégique. Pour tester. Pour apprendre. Pour avoir un minimum d’entrées d’argent.
Muriel Christel Koucoi incarne totalement cette posture.
Muriel est arrivée au Québec en janvier 2000, à 19 ans. Elle a quitté le Gabon, après être née au Bénin, portée par un pari un peu fou lancé par son père qui lui avait dit: «Si tu obtiens ton bac* avec mention, je t’offre un voyage vers la destination de ton choix.» Elle réussit. Elle choisit le Québec. «Mon père a eu un beau problème à gérer!», raconte-t-elle en riant.
Très tôt, Muriel apprend à refuser les chemins tout tracés. Par exemple, on lui conseille d’attendre la fin de ses études pour entamer ses démarches d’immigration (résidence permanente). Elle tente quand même.
«Les lois sont écrites par des humains. Tant que tu respectes les règles, rien ne t’interdit d’essayer», explique-t-elle. Résultat: diplôme et résidence permanente obtenus presque en même temps.
Formée en biologie médicale à l’Université du Québec à Trois-Rivières, elle s’intègre rapidement au........