Réunions: tout le monde n’a pas le même cerveau |
EXPERT INVITÉ. La semaine dernière, l’entreprise ayant acquis Connect&GO a organisé une réunion hybride appelée le «RKO pour Revenu Kick-Off». Jusque-là, rien d’exceptionnel. Sauf pour un détail important: la rencontre devait durer six heures.
Six heures.
Je suis sorti de cette réunion complètement vidé. Pas simplement fatigué, mais vidé comme après un effort prolongé, intense et continu. J’étais aussi, je l’avoue, profondément frustré. Lorsqu’on m’a demandé comment j’avais trouvé l’expérience, ma réponse a été simple et instinctive: inhumaine. Et surtout, impossible pour une personne neurodivergente comme moi.
Ce commentaire n’était ni une exagération ni une posture. C’était un constat. Un constat que trop peu d’organisations prennent réellement le temps de faire.
La vie en entreprise moderne ressemble de plus en plus à une succession de réunions. Réunions virtuelles, réunions hybrides et réunions en présentiel. La pandémie a accéléré notre capacité à collaborer à distance, ce qui est en soi une avancée majeure. Mais elle a aussi normalisé une chose inquiétante: organiser une réunion est devenu trop facile.
Dès qu’un enjeu surgit, dès qu’une discussion est nécessaire, le réflexe est presque automatique: bloquer du temps dans l’agenda de plusieurs personnes, souvent sans se demander si c’est réellement le bon outil.
Pour une grande partie des employés, ces réunions sont au mieux inefficaces, au pire pénibles. Pour les personnes neurodivergentes, elles peuvent devenir un véritable facteur d’épuisement.
La neurodivergence n’est pas une anomalie à corriger. C’est un mode de fonctionnement cognitif différent. Pourtant, la majorité des environnements professionnels sont conçus pour un modèle neurologique implicite, rarement nommé, mais bien réel.
Les réunions en sont un parfait exemple.
Elles reposent presque exclusivement sur la communication orale. Or, plusieurs personnes neurodivergentes assimilent difficilement l’information transmise verbalement, surtout lorsqu’elle est dense, non structurée ou ponctuée d’allers-retours inutiles. À cela s’ajoute la nécessité de décoder en temps réel le langage corporel, les expressions faciales, les silences, le ton de voix et les sous-entendus sociaux.
Pour quelqu’un dont le cerveau fonctionne différemment, cette........