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🎧Bourse : encore le temps d’investir dans le secteur de l’énergie?

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BALADO. Les prix du pĂ©trole ont bondi considĂ©rablement depuis le dĂ©but de l’invasion israĂ©lo-amĂ©ricaine en Iran. Dans ce contexte, il est encore temps d’investir dans le secteur canadien de l’énergie, estime SĂ©bastien Mc Mahon, vice-prĂ©sident, stratĂšge en chef, Ă©conomiste sĂ©nior et gestionnaire de portefeuille Ă  iA Gestion mondiale d’actifs.

«Je parlais ce matin avec mes collĂšgues gestionnaires d’actions canadiennes et ils me disaient qu’ils sont acheteurs. Quand je regarde les rendements du secteur de l’énergie au cours du dernier mois, je vois 8,5% de hausse contre 1,6% pour le S&P/TSX. Il y a donc clairement une surperformance, mais on aurait pu s’attendre Ă  un Ă©cart encore plus grand. Ça veut dire qu’il faut peut-ĂȘtre y aller avec modĂ©ration, mais certainement, ça peut ĂȘtre intĂ©ressant», explique-t-il.

Il rappelle que la grosse nouvelle de la semaine a Ă©tĂ© que les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie allaient libĂ©rer 400 millions de barils de leurs rĂ©serves stratĂ©giques pour tenter de contenir l’augmentation du prix de l’or noir.

«Toutefois, le record historique pour sortir des barils d’urgence est d’environ 1,5 Ă  2 millions de barils par jour. Ce qui veut dire que ça pourrait prendre 200 jours, peut-ĂȘtre mĂȘme 250 ou 300 jours avant de tout libĂ©rer ça. Le prix du pĂ©trole pourra donc rester Ă©levĂ© pendant un petit bout de temps», estime-t-il.

SĂ©bastien McMahon est aussi d’avis que le conflit en Iran vient redorer le blason de l’industrie canadienne de l’énergie, qui avait mauvaise presse ces derniĂšres annĂ©es.

Parmi les titres Ă©nergĂ©tiques, les experts en actions canadiennes d’iA Gestion mondiale d’actifs favorisent prĂ©sentement celui de Cenovus Energy (CVE, 32,20$). La sociĂ©tĂ© a rĂ©alisĂ© une importante acquisition l’an dernier (celle de Meg Energy pour un montant de 8,6 milliards de dollars) et il y a des synergies importantes qui peuvent s’en dĂ©gager. En ce moment, c’est un titre qui a le vent dans les voiles», dit-il.

Un autre titre dans le viseur de la sociĂ©tĂ© est celui de Hammond Power (HPS.A, 183,73$). La sociĂ©tĂ© se spĂ©cialise dans la fabrication de transformateurs Ă©lectriques. «Si le prix du pĂ©trole reste plus Ă©levĂ©, la demande en Ă©lectricitĂ© pourrait aussi augmenter. La sociĂ©tĂ© est aussi prĂ©sente dans l’industrie des centres de donnĂ©es et bĂ©nĂ©ficie de ces vents de dos», explique-t-il.

Outre le secteur de l’énergie, d’autres industries sont affectĂ©es par la fermeture du dĂ©troit d’Ormuz, oĂč circule normalement chaque annĂ©e entre 20% et 25% de la consommation mondiale de pĂ©trole.

«Il y circule beaucoup de pĂ©trole, mais aussi tous les dĂ©rivĂ©s du pĂ©trole et des produits chimiques au sens large, comme le mĂ©thanol et tous les produits utilisĂ©s dans la conception de plastiques. Ces produits se retrouvent aussi avec des problĂšmes d’approvisionnement», affirme-t-il.

Investissement: que faire en période de guerre?

Lorsque des guerres avec un potentiel de contagion Ă  l’économie mondiale Ă©clatent, SĂ©bastien Mc Mahon soutient que, rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les investisseurs devraient toujours garder le cap sur le long terme et faire abstraction des risques gĂ©opolitiques Ă  court terme.

«Il ne faut jamais oublier que les marchĂ©s, ce qu’ils regardent, c’est la capacitĂ© des entreprises Ă  faire croĂźtre leurs profits. Quand on a des reculs boursiers, c’est important de continuer d’investir. Ne changez pas votre stratĂ©gie. Des crises gĂ©opolitiques comme ça, ce n’est pas la premiĂšre ni la derniĂšre qu’on voit», dit-il.

La grande inconnue selon lui reste la durĂ©e potentielle du conflit, puisque le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump n’a pas expliquĂ© clairement quels Ă©taient ses objectifs en Iran.


© Les Affaires