Marc Bloch, l’actualité de la résistance |
«M.B. toujours à Lyon, au fort Montluc. Il a été durement traité. Trois côtes enfoncées. Soumis au supplice de la baignoire, broncho-pneumonie, dont il s’est remis. Mais il a révélé qui il était. On craint beaucoup pour lui.» Dans ses notes, le sociologue Maurice Halbwachs, qui sera quelques mois plus tard déporté à Buchenwald, raconte l’arrestation et les sévices endurés par Marc Bloch dans les locaux de la police secrète du Reich. «Le visage tuméfié et ensanglanté», ce dernier tente de se suicider dès les premiers jours. Torturé dans les sous-sols de la Gestapo lyonnaise par Klaus Barbie et ses sbires, l’illustre historien, cofondateur des Annales avec son ami Lucien Febvre, sera fusillé le 16 juin 1944 avec 29 autres résistants, au bord d’un champ dans l’Ain, à Saint-Didier-de-Formans, à quelque 25 kilomètres au nord de Lyon.
«Mourir dans l’anonymat sans sépulture ni deuil, sans souvenir même, constitue la sanction suprême infligée par le nazi», rappelle l’historien Alya Aglan dans son récent ouvrage La double mort de Marc Bloch (Flammarion, 2026). Parmi les........