Rencontres éphémères |
A mes yeux, la famille type – un couple avec deux ou trois enfants – a longtemps incarné l’ennui mortel. J’y voyais l’héritage figé d’un mode de vie petit-bourgeois de l’après-guerre: monsieur au travail, madame à la maison – ou cherchant à tuer le temps entre un cours d’ikebana, un travail d’appoint et, pour les plus audacieuses, un amant. Electroménager flambant neuf, vaisselle assortie, y compris celle du dimanche, pattes d’éléphant et effluves soixante-huitardes ravalées par les brushings et les épaules compensées des années quatre-vingt. Vacances en famille dans des meublés étriqués. Plages bondées. Et, à nouveau, l’ennui mortel.
Autant que je m’en souvienne, j’ai voulu vivre des rencontres amoureuses éphémères. Elles m’ont fait me sentir vivante. Elles ont représenté l’antithèse, et souvent, l’antidote absolu à l’ennui. Elles m’ont fait prendre des risques – me mettre en danger émotionnellement, m’attacher à quelqu’un qui ne resterait pas, brouiller mes repères. Mais elles ont aussi été........