Les agendas |
J’aimais la texture du papier de mes agendas de lycéenne, puis d’universitaire. Ce papier lisse, où l’encre du stylo se déployait facilement, glissait presque sans résistance. Une texture que je n’ai jamais retrouvée dans mes blocs-notes ou mes cahiers. J’y notais ce qu’il y avait à faire, tout en guettant surtout le temps que cela me laisserait pour ne rien faire. Ou, plus exactement, pour vivre.
Vivre, c’était camper le long d’une rivière, les yeux perdus dans les nuages ou les étoiles. Enfiler des lattes et s’élancer en bande sur des pentes enneigées. Chercher la fraîcheur dans les eaux d’une rivière, d’un étang ou d’un lac. Passer d’un bar à l’autre, d’une salle de concert à l’autre, d’une disco à l’autre, d’un squat ou d’un festival à l’autre. Y savourer des bribes de musique, et y guetter les jeunes gens de mon âge que j’aurais plaisir à croiser – et que je finissais presque toujours par croiser, immanquablement.
Je ne sais plus quand j’ai abandonné les agendas papier. Peut-être en........