De pire empire? |
La crapulerie trumpienne au Venezuela a choqué nombre d’entre nous: par sa brutalité asymétrique d’abord, par le faux-semblant de sa justification ensuite. Elle n’est pourtant qu’un nouvel épisode d’un impérialisme apparu de longue date au pays de l’oncle Sam. Les Etats-Unis aiment à parer la poursuite de leurs intérêts d’émouvants oripeaux: croisade pour la liberté, contre le communisme, pour la démocratie, contre le terrorisme, voire ces jours derniers, pour… la santé publique en ciblant le trafic de stupéfiants! Si Washington a endossé ce «fardeau de l’Homme blanc» (Rudyard Kipling) et gendarme le monde, c’est bien sûr, clame-t-on, dans le plus pur désintéressement et parce que la Providence en a décidé ainsi.
Au vrai, dans l’alternance de leur interventionnisme comme de leur isolationnisme, de leur libre-échangisme comme de leur protectionnisme, les Etats-Unis cultivent leurs intérêts bien compris: les intérêts, plus exactement, de leurs élites. Leurs opérations extérieures ont l’insigne «vertu» d’ouvrir des marchés à leurs produits finis, de détourner l’attention générale de conflits classistes (quand ce ne sont pas de scabreux scandales) – qui surgissent parfois en leur sein – et de gaver le complexe militaro-industriel, leur «Etat profond». Cette nation est par ailleurs la plus gourmande en matières premières, minerais, produits agricoles et exotiques souvent nichés dans des pays........