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«Viser juste», le cri d’Adèle Haenel

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tuesday

Adèle Haenel clôt (provisoirement) la vague de témoignages d’actrices victimes d’abus sexuels dans le cinéma – Judith Chemla, Caroline Ducey, Anouk Grinberg, Isild Le Besco, Judith Godrèche – avec la parution de Viser juste aux éditions de l’Arche (en collaboration avec Gisèle Vienne, 2026). Ce livre restitue son traumatisme et analyse le contexte familial et social qui a permis ces abus, subis entre ses 12 et 15 ans. Pour maintenir la dimension pédocriminelle au centre du récit, l’autrice refuse la première personne et désigne la victime comme «l’enfant».

Elle dénonce ainsi l’emprise du réalisateur Christophe Ruggia durant le tournage des Diables (2002) et les trois années suivantes, faits pour lesquels il a été condamné en avril 2026 à cinq ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique.

Des saynètes scénarisées décrivant l’enfance de l’autrice alternent avec des chapitres réflexifs sur sa perte d’innocence: «Je cherche à comprendre ce qui s’est passé pour que cet enfant trop sérieux […] devienne cette adolescente hagarde […]. Comment la joie, la lumière et la créativité sont tombées comme une peau morte d’enfance après l’été 2001.» (p. 22). Le rôle du père s’avère accablant. Ce dernier instrumentalise sa fille pour le profit, la lançant «comme un produit sur le marché […] dont il espère retour sur investissement.» (p. 25).

Une autre séquence détaille........

© LeCourrier