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Les parias de la route de l’océan

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02.08.2026

Lorsque l’on évoque les migrations à Mayotte, 101e département français situé dans l’Océan Indien, les regards se tournent généralement vers les Comores voisines. La question migratoire dans l’archipel est en effet largement associée aux débats récurrents sur l’immigration comorienne, illustrés par les traversées depuis l’île d’Anjouan, la plus peuplée de l’archipel et la plus proche de Mayotte en kwassa-kwassa, des embarcations légères à moteur.

Pourtant, depuis plusieurs années, une autre réalité migratoire s’impose progressivement. Des hommes, des femmes et des familles originaires de République démocratique du Congo, du Burundi, de Somalie, de Tanzanie ou encore du Yémen rejoignent désormais Mayotte après des parcours parfois longs de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique orientale et l’océan Indien. Alors qu’en 2021, les Comorien·nes représentaient encore 78% des nouvelles inscriptions au sein de la Structure de premier accueil des demandeurs d’asile1> www.solidarite-mayotte.org jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4564935_1_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4564935_1_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], }); (SPADA), leur part recule rapidement sous l’effet de la progression des arrivées des demandeur·euses d’asile en provenance de ces divers pays, dessinant les contours d’une nouvelle route migratoire.

En 2022, les Comorien·nes ne représentent plus que 54% des primo-arrivant·es, tandis que les ressortissant·es de RDC sont déjà 566. La tendance se confirme ensuite: 922 Congolais·es sont enregistré·es en 2023 puis 1104 en 2024, année où ils et elles deviennent le premier groupe national accueilli par le SPADA2> www.solidarite-mayotte.org jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4564935_1_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4564935_1_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });, devant les Comorien·nes.

Le camp de migrant·es de Tsoundzou, situé au sud de Mamoudzou – le chef-lieu du département-région mahorais –, offre un observatoire privilégié de ces transformations. Cet article s’appuie sur une enquête de terrain conduite à Mayotte en mai et juin 2026 dans le cadre d’une bourse de recherche de la Fondation Croix-Rouge française3> www.fondation-croix-rouge.fr/recherches-soutenues/intervention-humanitaire-mayotte-chido-alice-corbet jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4564935_1_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4564935_1_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });. Plusieurs visites du camp, des échanges répétés avec des associations de solidarité ainsi qu’un travail plus approfondi mené auprès de deux leaders communautaires (un homme vivant en dehors du camp et une femme y habitant) ont permis de documenter les trajectoires résidentielles, les parcours migratoires et les modes d’organisation sociale qui y sont en œuvre.

Le camp........

© LeCourrier