Guerres et neutralité: quelle indépendance pour la Suisse? |
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L’indépendance de la Suisse est le principal argument de ceux qui veulent d’une part durcir la notion de neutralité en interdisant toute participation de notre pays à des sanctions prises en dehors du cadre de l’ONU, même contre des Etats auteurs d’agressions ou qui commettent à grande échelle des crimes de guerre ou contre l’humanité; d’autre part miner les accords bilatéraux conclus entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Plusieurs événements récents dévoilent la faiblesse et l’hypocrisie de cet argument.
Alors que l’attaque des Etats-Unis contre l’Iran devrait entraîner un arrêt immédiat les livraisons d’armes aux Etats-Unis, contraires au droit de la neutralité, les tenants d’une interprétation plus rigoureuse de cette notion réalisent soudain que cela pourrait coûter cher et, surtout, indisposer le président Trump, avec un coût encore plus élevé. Ils prétendent alors que les bombardements massifs sur l’Iran ne suffisent pas, vu leur courte durée, à en faire une guerre dans laquelle s’applique le droit de la neutralité. Cette interprétation aussi opportuniste que farfelue du droit international (avec un tel raisonnement ou pourrait prétendre qu’une bombe atomique qui détruirait Paris ou Moscou en un seul jour ne serait pas une guerre) a au moins le mérite d’enlever leurs illusions à ceux qui, séduits par les grandes envolées sur la neutralité protectrice d’une Suisse vertueuse, découvrent que ces diatribes ne faisaient que dissimuler le souci de pouvoir faire sans état d’âme du business avec tout le monde.