En dilettante – Sociologie aquatique en bassin fermé

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Le sport est de plus en plus un spectacle que des professionnels exercent pour des spectateurs de moins en moins pratiquants. Cette chronique a pour but de réhabiliter la pratique en amateur, laquelle partage un socle commun avec le monde du professionnalisme, dont elle donne d’utiles et sages clés de lecture.

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Il fait grand beau depuis une semaine, les journées s’allongent et nous sommes entrés depuis hier dans le printemps mais pour entrer dans le lac et y faire autre chose que trempette, il va falloir patienter. L’eau est à 8,3 degrés. Pour quelques mois encore, la natation reste un sport d’intérieur. Autrement dit une corvée bien plus qu’un plaisir.

Sauf à avoir testé le ski dans un «mall» de Dubaï, il n’y a pas de sport qui soit aussi dissemblable selon qu’il se pratique en extérieur ou en milieu fermé. A l’air et en eau libres, nager est un acte de liberté, un moment de solitude, un moyen d’entrer en communion avec les éléments. En intérieur, toute cette magie du retour aux origines se dilue dans les odeurs de chlore, la promiscuité et l’humidité. Même l’eau paraît sèche. En milieu hostile et artificiel, la natation n’est plus alors que fonction: aligner des «longueurs» (le terme dit bien l’ennui qu’il promet), satisfaire à l’injonction de mettre à profit la pause déjeuner pour raffermir son corps et son esprit. D’Icare, nous voici Sisyphe.

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.


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