Les enjeux du travail temporaire, miroir grossissant du marché de l’emploi

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Le nombre de travailleuses et travailleurs intérimaires augmente progressivement en Suisse. Qui sont-ils, à quels besoins du marché de l’emploi répondent-ils et sont-ils plus libres, ou plus précaires? Pour y voir plus clair, Le Temps consacre une série d’articles au travail temporaire.

Des ouvriers en intérim sur les chantiers, des infirmières en mission dans les hôpitaux, des logisticiens en renfort… Si les travailleurs temporaires sont très représentés dans certains secteurs et que vous en faites peut-être vous-même partie, c’est un marché qui peut sembler peu important en Suisse: en 2024, ces travailleurs représentaient 2,8% de l’emploi.

Et pourtant, il ne faudrait surtout pas négliger cette forme de travail, auquel Le Temps a décidé de consacrer une série d’articles. D’abord, parce qu’elle représentait le quotidien de plus de 420 000 personnes en 2024, et que la tendance est à la hausse sur le long terme: vingt ans plus tôt, elles n’étaient que 180 000. Mais aussi parce que les questions et débats que sa pratique soulève traversent plus largement la société d’aujourd’hui.

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Des questions de société

Pour le patronat, ce mode de travail est synonyme de flexibilité. Il est en effet plus souvent qu’auparavant un choix pour davantage de souplesse, faisant écho aux préoccupations croissantes pour un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Pour les syndicats, bien au contraire, sa pratique représente un risque de précarité et la preuve que certains secteurs comme celui de la santé sont devenus si éreintants qu’un contrat à durée indéterminée n’est plus souhaité. Des points d’attention qui s’inscrivent là aussi dans un cadre plus large que celui du seul secteur temporaire.

Pour la majorité de ce personnel toutefois, l’objectif est de trouver un emploi fixe, et l’intérim peut à cet égard représenter un tremplin… Pour autant que le marché se porte bien. Le temporaire a aussi ceci d’intéressant qu’il représente un indicateur de l’état de santé du marché de l’emploi. Dès qu’il y a de l’incertitude, les entreprises ajustent d’abord leur besoin par le biais du travail intérimaire. Mais quand la situation s’améliore, la hausse repart aussi plus vite que pour l’emploi global.

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Ce marché particulier pourrait aussi se trouver au cœur des bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle: d’un côté, les entreprises développent des outils qui pourraient réduire les besoins en main-d’œuvre, de quoi menacer le travail temporaire. De l’autre, face à l’incertitude, les entreprises pourraient ne pas embaucher en fixe mais se tourner davantage vers des contrats temporaires.

Là encore, l’observation des soubresauts du secteur temporaire pourrait bien donner des clés de lecture pour mieux comprendre les enjeux du marché du travail plus global, qui suscite à l’heure actuelle bien des inquiétudes.

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