L’IA portera-t-elle un coup fatal à l’intelligence de la vie, fondement de notre humanité?

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Chaque semaine, Gauthier Ambrus, chercheur en littérature, s’empare d’un événement pour le mettre en résonance avec un texte littéraire ou philosophique. Retrouvez ses chroniques

Pourquoi faudrait-il avoir peur de l’IA? Petit à petit, on commence à le deviner. Son côté inéluctable, proclamé sur tous les tons, sonne déjà comme une prophétie de malheur, bien résumée par le directeur de Disney, livrant à contrecœur les clés de son réservoir d’imaginaire à OpenAI: «Les humains n’ont jamais pu arrêter le progrès technologique et nous n’avons pas l’intention d’essayer.» (voir Le Temps du 14 décembre 2025). Le progrès est-il donc une fatalité qui pourrait nous emmener là où nous ne voudrions pas?

Au fond, cette mise en parenthèses de la responsabilité humaine, c’est précisément ce que l’IA nous promet, et aussi par conséquent le gros problème qu’elle nous pose. Au fur et à mesure qu’elle se substitue toujours plus efficacement à notre intelligence, l’être humain abandonne une à une ses prérogatives. Pour finir peut-être par s’effacer complètement, lorsqu’il aura abdiqué sa responsabilité éthique et créative, comme Michel Foucault le prophétisait il y a 60 ans, à la fin des Mots et les choses. Et ce jour est peut-être en train d’arriver.


© Le Temps