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Ne nous laissons pas aveugler par les promesses des vendeurs d’IA

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26.02.2026

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C’est un métier qui paraissait déjà bien compliqué. Yo-yo des tarifs douaniers américains, franc fort… Et voici qu’arrive la déferlante de l’intelligence artificielle: diriger une PME ressemble désormais à une mission quasiment impossible.

Imaginez la situation. Vous avez en face de vous les promesses des géants technologiques, qui ne cessent de vanter les mérites de leurs solutions d’IA pour doper votre productivité, gagner en efficacité, et, sans le dire de manière explicite, pour que vous puissiez vous passer de 20% de vos effectifs. Sur les réseaux sociaux, vous observez tous ces soi-disant gourous de l’IA promettre de transformer totalement votre entreprise grâce à celle-ci. Vous devinez que vos concurrents avancent très vite en la matière et vous dépasseront rapidement grâce aux gains induits.

Attendez, ce n’est pas fini. Le tableau est encore plus complexe. Car vous avez encore dans vos équipes des employés aux profils totalement disparates: ceux qui veulent foncer en IA, ceux qui ont peur de perdre leur poste de travail, ceux qui n’ont pas encore entendu parler de ChatGPT…

Du recul face aux promesses

Dans ce contexte, l’étude récemment publiée dans la Harvard Business Review, montrant que les solutions d’IA peuvent accroître la pression sur les employés, augmenter leurs heures de travail, voire les pousser au bord du burn-out, est salutaire. Attention, l’idée n’est pas de nier les bénéfices de cette technologie, qui peuvent être considérables. Les progrès en codage informatique sont extraordinaires, les outils d’analyse de données sont très puissants, et l’IA permet d’automatiser à merveille des tâches souvent ingrates. Et encore, nous ne sommes qu’au début de ces avancées.

Mais tout cela ne vaut rien sans une réflexion sérieuse avant de se lancer. Non, il n’est pas question d’attendre des années avant de tester l’intelligence artificielle. Mais il faut sérieusement réfléchir à la façon d’allier hommes et femmes avec des machines qui n’ont rien de magique. Quels sont les buts recherchés? Quels moyens sont octroyés aux employés? Comment gérer toutes les erreurs et approximations recrachées par les machines? Qui va vérifier quoi? Les questions sont innombrables.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’être réfractaire à de nouvelles solutions. Mais plutôt de penser l’implication de la mise en place d’outils puissants sur notre façon de travailler. En prenant, si possible, du recul face aux promesses d’OpenAI, Anthropic ou Microsoft…

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