Crimes internationaux: l’ONU ne rend pas la justice elle-même, mais elle détient des trésors de preuves auxquels elle doit donner accès
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Heurs et malheurs de la justice internationale
Tous les mois Alain Werner, le directeur de l'ONG basée à Genève Civitas Maxima, réseau international d’avocats et d’enquêteurs qui représente des victimes de crimes internationaux, développe l'actualité de la justice internationale.
Retrouvez ici toutes ses chroniques
L’architecture fondée sur le droit international, construite depuis plus de 80 ans, apparaît plus que jamais fragilisée, avec un Conseil de sécurité de l’ONU, chargé de garantir la paix et la sécurité internationales, qui ne répond pas à sa mission. Les conflits et les violations du droit humanitaire se multiplient, tandis que l’ambition de garantir un accès effectif à la justice pour les victimes des crimes les plus graves paraît s’éroder toujours davantage, avec une Cour pénale internationale dont certains des juges ont été visés par des sanctions américaines. Dans ce paysage sinistré, des policiers, procureurs et juges continuent pourtant d’agir au sein de juridictions nationales pour poursuivre des crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, y compris lorsqu’ils ont été commis à l’étranger. Ce travail est fondamental: grâce à lui, la poursuite des crimes les plus graves demeure, encore et malgré tout, une réalité tangible au moins devant certains tribunaux, à l’heure où de nombreux Etats semblent, au contraire, préférer une impunité généralisée pour les crimes les plus graves. Toutefois, cette justice ne peut exister sans un élément fondamental: l’accès aux preuves.
L’ONU ne rend pas elle-même la justice pénale pour les crimes internationaux mais elle joue un rôle central dans la collecte, la conservation et la structuration de preuves liées aux crimes les plus graves. Témoignages de victimes, collectes de documents, exhumations, données numériques: les mécanismes sous l’égide de l’ONU ont constitué au fil des décennies des archives d’une ampleur et d’une importance considérables sur les crimes internationaux.
Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.
