Ferghane Azihari est-il un « native informant », comme suggéré sur France Culture ? |
On a croisé l’expression il y a quelques années, au moment où Leïla Slimani, prix Goncourt, publiait Sexe et mensonges (Les Arènes), enquête sur la vie sexuelle des femmes au Maroc. Parce qu’elle mettait en cause les tabous d’une société, la romancière s’était vue coller l’étiquette de « native informant » par les Indigènes de la République. De quoi parle-t-on exactement ?
Littéralement, « native informant » signifie « informateur indigène ». Dans un usage postcolonial, l’expression s’est installée comme l’équivalent anglo-saxon de formules telles qu’« arabe de service » ou « nègre de maison ». La charge est péjorative, pour ne pas dire, dans certains cas, raciste. Elle sert à disqualifier celui ou celle qui critique sa culture d’origine, non pas au goût de ses contempteurs dans une perspective d’émancipation ou d’exercice du libre arbitre, mais pour complaire aux « maîtres », qui sont les Blancs, les Occidentaux, les colonialistes d’hier, l’extrême droite, etc. À cette accusation s’ajoute souvent une explication psychologisante. L’intéressé........