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Arnaud Teyssier : « Supprimer l’élection du président au suffrage universel direct, c’est supprimer le peuple »

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31.08.2026

Prolifération risible des candidatures, propositions rivalisant de démagogie… L’élection présidentielle de 2027 qui s’amorce ne s’annonce pas sous de bons auspices. Et si le problème, plus que la médiocrité du personnel politique, c’était l’élection du président de la République au suffrage universel direct, instituée par référendum en 1962 ?

La question peut paraître iconoclaste, d’autant que les Français sont légitimement attachés à la possibilité de choisir eux-mêmes le chef de l’État. À voir le marasme dans lequel nous sommes plongés depuis des décennies, elle n’est pourtant pas incongrue. Sous la IIIe République, le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés, les deux chambres du Parlement réunies en Assemblée nationale.

Une remise en cause du suffrage universel direct aurait tout de la fausse bonne idée, rétorque l’historien Arnaud Teyssier. Plutôt que de dénier aux Français la liberté d’élire leur représentant, ce spécialiste de la Ve République et biographe du général de Gaulle (L’angoisse et la grandeur, Perrin, 2024) plaide pour un retour à l’esprit des institutions.

Le Point : L’élection du président de la République au suffrage universel direct est-elle devenue notre boulet ?

Arnaud Teyssier : Il existe des règles pour canaliser le débat démocratique. Tous ces candidats putatifs n’obtiendront pas les parrainages nécessaires pour concourir à l’élection présidentielle. Et certains y réfléchiront à deux fois avant de se présenter, de peur de ne pas être remboursés au cas où ils obtiendraient un score inférieur à 5 %. À mon avis, la véritable raison de cette frénésie, outre le souci des intéressés de se « placer » pour négocier ensuite leur ralliement, ce sont les intentions de vote pour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au premier tour, loin devant des partis traditionnels qui ne réunissent même pas, à eux tous, la majorité du corps électoral…

Quant à l’élection présidentielle elle-même, elle est la seule où le peuple s’exprime directement dans une unique circonscription, la France. C’est l’unique option, avec le référendum, qui lui permette de manifester directement sa volonté. Remettre en cause l’élection du président de la République au suffrage universel direct, c’est faire disparaître le peuple.

Dans la Constitution de la Ve République adoptée en 1958, le chef de l’État n’est pas élu au suffrage universel direct, mais au suffrage universel indirect, par........

© Le Point