Pierre Vermeren : « Pour comprendre Trump, il suffit de regarder les films de Scorsese » |
Ces dernières semaines, vous avez probablement vu Pierre Vermeren sur un plateau de télévision. Cet éminent historien, spécialiste du Maghreb, vient de publier un livre, France-Algérie de 1962 à nos jours, dans lequel il raconte avec limpidité l’histoire de la relation toxique qu’entretiennent les deux pays, à un moment où Paris et Alger ne se comprennent plus.
Alors, quand nous avons voulu découvrir les œuvres qui ont façonné son imaginaire, nous nous attendions à pléthore de références au monde arabe, lui qui a aussi vécu en Égypte, au Maroc et en Tunisie. Au minimum, puisqu’il est aussi un intellectuel français, nous pensions trouver un étalage de sources littéraires, cinématographiques ou artistiques les unes plus élitistes et pompeuses que les autres.
Mais voilà, l’homme que nous avons souhaité découvrir sous un autre jour se révèle à des années‑lumière de nos a priori. Ce nouvel épisode de « Panthéon culturel », exercice auquel il s’est livré avec pudeur, dessine le portrait d’un intellectuel sensible qui cultive un goût assumé et rafraîchissant pour la culture populaire.
Recevez notre sélection d’articles tirée de notre rubrique Débats, pour comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui et de notre société
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions générales d'utilisation et notre politique de confidentialité.
Le Point : Quand vous repensez à votre enfance, quel livre, film ou musique vous revient immédiatement ?
Pierre Vermeren : Je lisais beaucoup de bandes dessinées, comme Tintin et aussi Astérix, dont je ne comprenais pas toujours les jeux de mots. J’ai également dévoré de nombreux Arsène Lupin.
Quel est le premier film qui vous a vraiment marqué ?
Nous n’avions pas la télévision quand j’étais enfant, je n’ai donc pas regardé beaucoup de films ni de dessins animés. Cela dit, mon premier grand choc – évidemment historique – fut Holocauste, la série américaine réalisée par Marvin Chomsky et diffusée en 1979 sur Antenne 2, j’avais 13 ans. Je savais peu de choses, à l’époque, sur cette tragédie que mon père nous a obligés à regarder. Et tout à coup j’ai vu surgir à travers cette représentation du génocide des Juifs, quelque chose dans ma vie d’enfant. Les images restent gravées dans ma mémoire aujourd’hui encore.
La première musique ou le premier disque dont vous vous souvenez ?
La maladie d’amour, de Michel Sardou. Je crois que je l’écoutais quand ma mère faisait la cuisine. Oui… j’ai des scènes très précises où j’entends cette chanson. C’était en vacances sous un chaud soleil d’été.
À quoi ressemblait votre chambre d’adolescent ? Aviez-vous des posters ?
Adolescent, non. Ma chambre était ce qu’il y a de plus conventionnel. En revanche, j’ai accroché des posters dans ma........