François Sureau : « J’ai ressenti la présence du diable dans les Balkans »
Avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, haut fonctionnaire, écrivain, François Sureau est à la fois un homme d’honneurs et d’honneur. Proche de longue date de nombreux dirigeants, dont Emmanuel Macron (il a rédigé les statuts de son mouvement En marche), François Fillon ou Bernard Cazeneuve, romancier fécond chez Gallimard (son dernier livre, Loin de Salonique, est sorti en février 2026), influent à l’Académie française où il siège depuis 2020, l’homme est aussi (très) engagé.
Cet esprit incisif, sorti de l’ENA dans la promotion « Droits de l’homme », est toujours prêt à bondir dans le débat public pour défendre les libertés. Il fait aussi partie du réseau de juristes qui vient en aide aux réfugiés, dans le cadre de l’Association Pierre-Claver (du nom d’un jésuite catalan grand défenseur des esclaves en Amérique du Sud au XVIIe siècle), fondée par son épouse Ayyam Sureau.
Et sa vie intérieure est peut-être encore plus riche que sa vie publique… En tout cas, François Sureau nous le laisse entrevoir en répondant à nos questions, de façon elliptique, énigmatique mais profonde.
Le Point : Salonique, décor de votre dernier roman, au début du XXe siècle était (aussi) un carrefour religieux. Quelle fut cette influence dans ce qu’on a appelé « la poudrière des Balkans » ?
François Sureau : On ne sait jamais, et c’est aussi la leçon que j’ai retenue de mes années balkaniques, c’est-à-dire de mon temps dans ce qu’on appelle l’ex-Yougoslavie. Quelle est la part vraiment religieuse de ces conflits ? Dans quelle mesure ne montrent-ils pas plutôt la capacité des hommes........
