Quand le penseur américain du malaise étudiant confirme son diagnostic |
On pourrait y voir comme une preuve de concept. Voilà un mois, le 14 mai, au Yankee Stadium de New York, Jonathan Haidt, professeur de psychologie sociale à l’université de New York (NYU), spécialiste de psychologie morale et auteur de travaux de référence sur la fragilisation de la génération Z, avait été choisi comme commencement speaker, sorte de parrain intellectuel de la cérémonie de remise des diplômes de la NYU. Clou du spectacle d’une cérémonie solennelle et familière, recopiée dans un tas de films et de séries – les étudiants avec leurs familles la larme à l’œil, les toges, les mortiers, les pompons qu’on passe d’un côté à l’autre de la visière, le grand discours du grand théâtre américain de l’entrée dans la vie adulte.
Sauf qu’un peu auparavant le « comité exécutif du gouvernement étudiant » avait adressé à la direction une lettre exigeant son remplacement. La venue de l’auteur, enseignant et chercheur y était jugée « profondément déstabilisante », « contraire aux valeurs » de l’établissement qui, pourtant, l’emploie depuis quinze ans ; on y........