Quand la notion de race réarme tous les tribalismes

Déjà sa main ressemble à celle d’un cadavre. Henry Nowak, 18 ans, est à terre, à quelques minutes de sa mort. On l’entend dire qu’il a été poignardé, qu’il n’arrive plus à respirer, qu’il lui faut une ambulance. Sa peau sale est jaunâtre, cireuse sous l’éclairage hargneux de la caméra-piéton du policier qui le menotte et lui répond : « Tu as été poignardé ? Ça m’étonnerait, mon pote. »

Et pour cause, avec ses collègues, il vient de se faire servir un mensonge, celui de l’autre jeune homme, Vickrum Digwa, qui se tient à côté. Meurtrier de Nowak, il a été condamné, ce 1er juin, à la prison à vie pour l’avoir frappé à quatre reprises avec son poignard sikh de 21 centimètres. Son frère avait appelé les forces de l’ordre, alléguant d’une agression raciste : un Blanc avait insulté Vickrum, lui avait profané la tête en lui retirant de force son turban. Et, debout, le bourreau regardait sa victime agonisante, traitée comme un suspect.

La notion de race, un outil primitif

Certes, il arrive aux assassins de mentir, mais pourquoi ce mensonge-là s’est-il avéré être le bon code, la bonne formule capable d’intervertir la distribution des........

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