La disparition du branché
Il a été la vedette des années 1980. On lui consacrait interviews et reportages. Rien d’important ne pouvait exister sans lui. Il donnait le ton aux soirées. On se souciait de ses états d’âme. En politique, il avait des idées de gauche qui sentaient un peu la droite. Il avait un organe central : un quotidien aujourd’hui oublié. Et un hebdo qui pensait comme lui. Le branché régnait sur Paris et obsédait la province. Il avait cette pâleur inquiète des gens qui se posent la question de savoir s’ils sont toujours branchés. Le branché vivait dans la crainte d’être confronté, un matin mais plutôt un soir très tard, à plus branché que lui. Il y avait une course à la branchitude.
L’arrivée du portable a compliqué la vie du branché, sans cesse exposé à une........
