La diplomatie coranique et le cadavre ambulant de Khamenei
La guerre intermittente de Trump contre les mollahs aura au moins réussi une chose : redonner une vie, après la mort, à Khamenei. Le guide suprême, pulvérisé dans son bunker le 28 février 2026, au premier jour de l’offensive israélo-américaine, avait presque fait croire à la fin de cette théocratie venimeuse qui étend son emprise sur toute la région, sinon sur une partie du terrorisme international, depuis des décennies. L’élimination du Guide n’a pourtant pas désorienté la caste des mollahs, et elle n’a pas non plus entamé leur sens de l’apparat. Ils ont réussi, peu à peu, à négocier, à tergiverser, puis à décrocher un cessez-le-feu par chantage, brandissant l’arme alimentaire à l’échelle internationale en étranglant un peu plus le détroit d’Ormuz.
Et au bout du compte, le Guide a ressuscité. Un enterrement grandiose qui durera du 4 au 9 juillet, l’exposition d’une dépouille stalinienne au Mosalla, ce vaste complexe religieux Imam Khomeyni, en plein centre de Téhéran. C’est d’ailleurs l’un des plus grands lieux de prière au monde, qui accueille habituellement les grandes cérémonies du vendredi ou d’État. Le défilé des délégations internationales, en espérant une foule escomptée entre 15 et 20 millions de personnes, en a offert le prologue étudié.
La propagande locale présente depuis des jours l’événement comme le plus important enterrement de l’histoire de l’Iran, dans un souci de suite à celui de Khomeyni ou en contrepoids à celui du Chah lui-même. Les chiffres méritent d’être rappelés : les funérailles de Khomeyni, en juin 1989, avaient duré deux jours et rassemblé une foule estimée à près de 10 millions d’individus. Un record que Téhéran entend précisément battre aujourd’hui. Celles de Khamenei, elles, s’étalent sur six jours, à travers cinq villes d’Iran et d’Irak. Le Chah Mohammad Reza Pahlavi, lui, est mort en exil au Caire en 1980 et n’a eu droit qu’à des........
