Imaginons le décrochage par un maire du portrait du président… en Algérie
Avertissement : ce scénario n’existe pas en Algérie et ne peut pas exister. C’est de la pédagogie dystopique : un maire élu en Algérie, dans une banlieue frondeuse d’Alger, s’épanche en analyses et promesses pour sa circonscription sur une chaîne YouTube. Ce qui est déjà une impossibilité en soi, eu égard aux restrictions violentes de la liberté d’expression. Ajoutons à la scène un détail aggravant : le drapeau d’un pays étranger (en l’occurrence la Palestine, ou pas) accroché derrière son dos. Les conséquences sont alors invivables : prison, procédure de destitution, lynchage médiatique, accusation de haute trahison.
En Algérie, le maire dépend de l’autorité non des électeurs mais du préfet (le wali), qui peut le démettre de ses fonctions. Pire encore, la loi est claire : toute atteinte au symbolique du drapeau est punie de plusieurs années de prison, sur le fondement de l’article 160 bis du Code pénal, qui prévoit cinq à dix ans d’emprisonnement pour la profanation de l’emblème national.
Le bureau de Saint-Denis
C’est donc une dystopie, et sa pédagogie est là pour le contraste : dans le cas du maire de Saint-Denis, le très médiatique Bally Bagayoko, on voit, à un moment, un immense drapeau de la Palestine dans son bureau, à la place symbolique de celui du pays où il gouverne, se fait élire, vit et respire. En France, ce fut un scandale médiatique pour une partie de........
