« Persepolis » avait prévenu : l’Occident apprend à aimer ses mollahs
Peut-on encore tourner, produire et défendre un film comme Persepolis aujourd’hui ? Presque pas. Ou alors dans la clandestinité, dans la résistance aux meutes de l’inquisition. On l’a vu avec le film L’Abandon sur Samuel Paty et les agitations ridicules et lamentables de la gauche numérique. Ce que dénonçait le film unique de Marjane Satrapi, d’abord pour un « mal iranien » ou un « mal musulman », est devenu aussi, désormais, un mal occidental, sinon mondial.
Les personnages furieux, malsains et odieux qui en veulent aux femmes, au corps, à la joie et au rire se trouvent aujourd’hui parmi nous, dans nos médias, nos rues, nos associations, nos places publiques. Au nom de Gaza, de l’écologie fanatisée, de la rédemption ou simplement de l’ennui en démocratie. Étrange renversement : la lente descente de l’Iran dans le Moyen Âge politique et l’intolérance depuis le retour de Khomeyni en 1979, que Persepolis montrait comme un destin lointain, presque........
