Remords sexuels : quand certaines nuits laissent un goût amer

En matière sexuelle, il arrive que l’on s’en veuille de ne pas l’avoir fait alors qu’on en avait l’occasion – le « regret » sexuel – ou d’avoir assouvi ses envies alors qu’on aurait mieux fait de s’abstenir – le « remords ». Quelle forme est la plus fréquente – et la plus tragique ? Telle est la question.

D’un point de vue existentiel, on pourrait vigoureusement plaider en faveur de la première. J’ai le vague sentiment que rares sont ceux qui, sur leur lit de mort, se disent que cette éblouissante nuit de débauche avec une belle inconnue, cinquante ans plus tôt, n’aurait jamais dû survenir. En revanche, une vie jalonnée d’occasions manquées et de « et si » charnels – par honte, peur, culpabilité religieuse ou sous le poids de tout autre fardeau moral – avant de sombrer dans l’oubli, voilà qui ressemble à une authentique tragédie humaine.

Cela dit, dans le chaos bien réel des MST, des agressions sexuelles, des rapports sous l’emprise de l’alcool, des cœurs brisés, des divorces, des grossesses non désirées et des avortements, du harcèlement et des obsessions, des commérages et des rumeurs, des amitiés détruites, et de mille et une autres conséquences négatives, improbables mais possibles, du rapprochement génital, il est tout aussi facile de sous-estimer les potentiels coûts émotionnels du sexe occasionnel.

Recevez notre sélection d’articles tirée de notre rubrique Débats, pour comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui et de notre société

En vous inscrivant, vous acceptez les conditions générales d'utilisation et notre politique de confidentialité.

Une forme particulière de sexe occasionnel

Dans une étude publiée fin février dans Archives of Sexual Behavior, les psychologues Christina Sagioglou et Maximillian Dick, de l’université d’Innsbruck, en Autriche, se sont penchés sur l’amertume laissée par une aventure d’un soir consommée. Autrement dit : les remords sexuels.

Il est important, soulignent les auteurs, de définir clairement ce qu’est une « aventure d’un soir » car elle ne constitue qu’une forme parmi bien d’autres de relations et d’expériences sexuelles occasionnelles – ou « Reso », comme on les appelle dans le milieu. Il existe aussi, par exemple, les « plans cul réguliers », les « potes de sexe » ou « sexfriends », qui impliquent une certaine régularité des rapports avec la même personne. L’aventure d’un soir, elle, correspond exactement à ce que son nom indique : une unique rencontre sexuelle après laquelle, une fois l’acte accompli, vous ne reverrez probablement jamais votre partenaire, sauf à le recroiser par hasard – et avec beaucoup de gêne – dans les allées d’un supermarché cinq ans plus tard.

Soit dit en passant, en anglais si l’on parle de « one night stand » ce n’est pas à cause de la soudaineté d’une envie qui nous prendrait à la nuit tombée, mais en raison de l’usage historique du mot « stand », qui désignait une sorte d’étal mobile installé temporairement sur un marché, souvent pour une seule........

© Le Point