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Comment de Gaulle est intervenu dans les élections de Jean XXIII et de Paul VI

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16.07.2026

On est tombés à bras raccourcis sur Emmanuel Macron lorsque la presse italienne le suspecta de vouloir intervenir dans le vote du conclave qui donne lieu à l’élection de Léon XIV. Non seulement c’était prêter au président français une influence qu’il était loin d’avoir. Mais c’était aussi oublier qu’en son temps de Gaulle appuya avec force les candidatures du cardinal Roncalli, le futur Jean XXIII, en 1958, puis du cardinal Montini, alias Paul VI, en 1963.

Un témoin direct l’a rapporté, et non des moindres puisqu’il s’agit de René Brouillet, qui fut à la fois directeur de cabinet de de Gaulle en 1958 et aussi l’un des meilleurs amis de Pompidou, choisi par le général – comme celui-ci le fit pour le philosophe Jacques Maritain en 1945 – pour être notre ambassadeur auprès du Saint-Siège en 1964 – poste qu’il occupera durant dix ans.

Le Général voulait peser sur le conclave

« René Brouillet, se souvient l’écrivain Xavier Patier, petit-fils de l’ancien résistant catholique Edmond Michelet, pilier des gouvernements gaullistes (et courroie de transmission avec le Vatican) avait expliqué qu’après la mort de Jean XXIII, en 1963, le président de Gaulle dont il était très proche lui avait personnellement (et discrètement) demandé d’intervenir auprès des cardinaux qu’il connaissait, avant le conclave, pour leur faire savoir que la France considérait que le cardinal Montini ferait le cas échéant un excellent pape. »

Le choix du général fut le bon. Et il n’en était pas à son coup d’essai, toujours d’après le même témoin privilégié. « René Brouillet croyait savoir que le général était déjà intervenu de la même façon en 1958 pour demander à notre ambassadeur Roland de Margerie de promouvoir l’élection du cardinal Roncalli après la mort de Pie XII, poursuit Xavier Patier : il avait envoyé un avion spécial pour venir le chercher à la villa Bonaparte afin de lui en parler de vive voix. »

L’historien Frédéric Fogacci, directeur des études et de la recherche à la Fondation de Gaulle, nous fait part de cette lettre du 18 octobre 1958 de de Gaulle au cardinal Grente « […] le cardinal Feltin, comme M. Wladimir d’Ormesson et M. Roland de Margerie, feront part à Votre Éminence de mes préoccupations à la veille........

© Le Point