La gauche et le voile : de l’émancipation de Jospin à l’indigénisme de Mélenchon

Attaché à la justice sociale, doté d’un grand sens de l’intérêt général, Lionel Jospin était un homme intègre comme en témoigne la grande honnêteté avec laquelle il reconnut, le 1er septembre 2023, au micro de France inter, l’erreur qui fut la sienne à l’automne 1989.

Alors ministre de l’Éducation nationale, il n’avait pas tranché la question de ce qu’on appelait alors le « foulard » et s’était tourné vers le Conseil d’État quand trois jeunes filles du collège Gabriel Havez de Creil (Oise) avaient été exclues, au nom du principe de laïcité, pour avoir refusé d’ôter leur voile.

Médiatisée, « l’affaire de Creil » poussa Lionel Jospin à prendre publiquement position et à exposer les arguments qui guidèrent alors sa décision. Ceux-ci furent exposés le 25 octobre 1989 à l’Assemblée nationale, en réponse à une question d’Alain Juppé, puis le lendemain dans un long entretien accordé au Nouvel Observateur.

Plusieurs discours, un même objectif

Pour le ministre Jospin, le plus important est de permettre l’accès des jeunes filles à l’école et un « foulard (…) ne peut constituer un motif d’exclusion de l’élève » car « l’école française est faite pour éduquer, pour intégrer, pas pour rejeter ». Il faut, avance-t-il, expliquer la laïcité et promouvoir l’égalité garçons-filles, voyant dans l’affaire un épiphénomène et non pas « une menace de l’islam intégriste sur la République française ».

En réalité, Lionel Jospin a........

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